Citro√ęn Type H, elle fait tout, ou presque…ūüėä

17 Avr. 2023 | Actualit√©s, HISTOIRE, Ic√īniques

Pour parler du panier à salade, on met la sauce ! Et pour éviter de faire des erreurs, on a trouvé les meilleures sources :

Les amis du type H, un r√©gal de trouvailles, et toute l’histoire sur ce v√©hicule l√©gendaire…ūüĎÄ

Chez Citro√ęn on parlait d√©j√† avant la guerre d’un nouveau v√©hicule utilitaire qui remplacerait son pr√©d√©cesseur. On voulait gagner du poids et de la place et puis le TUB¬†avait un d√©faut, s’il n’√©tait pas charg√© √† l’arri√®re il relevait du cul.
Il avait vieilli et il était plus facile de créer un tout nouveau modèle, plus moderne.

Le cahier des charges voulu par Boulanger : 
un véhicule monocoque à traction avant et qui reprend les éléments de la Traction 4 cylindres avec une bonne suspension arrière et surtout tout en conservant le maximum de pièces existantes déjà sur les autres modèles.

C’est Pierre Franchiset, le p√®re du Type H, travaillant chez Citro√ęn √† la conception et √† la mise au point des carrosseries, qui a pens√© le H, suivi sa conception jusqu’√† la commercialisation. Il a re√ßu le projet qui a d√©termin√© l’ensemble du v√©hicule et r√©alis√© le premier prototype.¬†
Pendant la grande guerre les √©tudes du H ont √©t√© lanc√©es en cachette des occupants qui avaient interdit d’√©tudier de nouveaux mod√®les. Les conditions de travail √©tant rudes, il n’y avait pas d’essence ni de mati√®res premi√®res. Une fois la guerre finie le H fut termin√© tr√®s rapidement.¬†

Il √©tait enti√®rement r√©alis√© en t√īle ondul√©e. Franchiset avait pris de la t√īle de 5/10e et pour la rigidifier, l’avait emboutie nervur√©e, un principe utilis√© dans l’aviation bien avant le H. Au point de vue solidit√© il √©tait exceptionnel !
Il y avait des charni√®res ” Yoder ” partout, volets de cot√©, volets de roue de secours, r√©servoir, portes, capot moteur int√©rieur, capot avant, etc. Il s’agit de charni√®res r√©alis√©es par pliage des t√īles, on le trouve aussi sur la Traction et plus tard sur la 2CV.
Il n’y a pas eu beaucoup de prototypes comme pour la Deux Chevaux, seulement deux. Il n’y a pas eu de maquettes r√©duites non plus, on est parti directement sur le premier prototype.

Ce premier prototype avait √† l’origine une porte lat√©rale pivotante, porte qui encombrait le trottoir √† l’ouverture et n’√©tait pas pratique quand on voulait descendre.¬†¬†
Le second prototype avait une porte coulissante, ce n’√©tait pas difficile de modifier le v√©hicule car il n’avait que des lignes droites….¬†

Sur les prototypes on avait mis une couche de peinture pour qu’ils ne rouillent pas, c’√©tait du gris m√©tal. Il y avait certainement des stocks de cette peinture car en ce temps-l√† on sortait des Tractions gris m√©tal ;

le Type H est donc né comme ça, gris.  
Il est n√© gris et il est mort gris. ūüėĘ

Pour le concevoir à une telle vitesse il était évident que plusieurs ensembles (mécanique, essieu de la Traction 15 élargi, tableau de bord, poignées de portes, etc.) soient empruntés à la Traction Avant. Même la petite 2CV, elle aussi gris métal, prêta quelque chose (sièges, phares, etc.). Ils ont en commun la même solidité, la simplicité, la génialité. 
Le Type H, au contraire de son pr√©d√©cesseur TUB qui avait un ch√Ęssis et une coque, est monocoque et, bien √©videmment, traction avant.¬†
Toute pi√®ce est √©tudi√©e afin d’obtenir le maximum au moindre co√Ľt : le pare-brise √©tait en deux moiti√©s (si une partie √©tait ab√ģm√©e, on ne devait pas remplacer la totalit√©), de la toile rempla√ßait les panneaux de porte, la lunette arri√®re √©tait de dimension tr√®s r√©duite… m√™me sur le nom Citro√ęn ils avaient fait des √©conomies.

Il arrivait huiti√®me d’une s√©rie d’√©tudes et c’est pourquoi on l’appela “H”, la huiti√®me lettre de l’alphab√®te, sans chercher plus loin.¬†


On dit que le H √©tait pr√™t pour le Salon de 1946 mais Pierre Boulanger (√† l’√©poque directeur de Citro√ęn) refusait de l’exposer car il ne voulait pas faire comme certains et s√©duire la client√®le avec un mod√®le qu’il ne pouvait pas encore fabriquer.¬†
En 1947 Citro√ęn pr√©senta le¬†Type H, 11CV, 1200 Kg de charge utile.¬†
La bombe ” H ” du ” Quai de Javel ” explosa au Salon de l’Automobile de Paris en octobre 1947, dans un climat de pauvret√© et d’ing√©niosit√©. Tout est recycl√©, les voitures d’occasion (v√©hicules militaires am√©ricaines et quelques berlines) sont rares et co√Ľteuses, exploit√©es jusqu’√† la derni√®re t√īle restante, et ensuite retap√©es. Les utilitaires sont rares et souvent les voitures sont transform√©es en camionnette. M√™me si certains artisans r√©alisent de petites merveilles, la plupart de ces v√©hicules sont bricol√©s.¬†
Le Type H entre en commercialisation le 1er juin 1948. 
La presse l’ignore et annonce seulement sa comparse, le 34√®me Tour de France, premier de l’apr√®s-guerre passionne bien plus les foules.¬†¬†
Mais le bon gros “Tube”, comme on le surnomme √† cause de son pr√©d√©cesseur, n’a pas de rivaux et il a m√™me les r√©troviseurs de s√©rie !¬†¬†
Il démarre dans la vie sans rien demander à personne, sans publicité autre que le bouche à oreille. 


Les années défilent et le Type H est toujours là, qui le possède déjà en fait de la publicité aux potentiels clients et qui ne le possède plus en achète un neuf ! 
Citro√ęn ne s’en occupe pas beaucoup, un minimum de publicit√©, quelques mises √† jour par-ci et par-l√† et le client est rapidement convaincu.¬†

Chez Citro√ęn on dit : ” √† chacun son H “, toujours le m√™me et toujours si diff√©rent.¬†

Paysans, √©leveurs, corbillards, marchands, boulangers, jardiniers, menuisiers, brocanteurs, fleuristes, bouchers, tout le monde en a eu au moins un dans la vie, il a travaill√© pour La Poste, pour la Gendarmerie, pour les h√īpitaux, les administrations, il a servi les acteurs, les vacanciers, les voleurs..ūüėČ.


Il y a eu deux motorisations essence (1600cm3 9CV et 1900cm3 11CV) et trois Diesel (Perkins 1621cm3 7CV, Indenor 1816cm3 7CV et Indenor 1946cm3 8CV).  
Des versions plateau nu √©taient aussi disponibles pour les carrossiers (il est impossible de recenser les carrossiers qui pendant toute la longue vie du H l’ont offert au public √† toutes les sauces).¬†


En fonction de la charge et de sa carrosserie l’appellation commerciale changeait, H, HY, HZ, HX, HW. Il y a eu aussi des √©quipements sp√©cifiques pour v√©hicules de secours urgent et pour v√©hicules de r√©animation et de chirurgie avec suspension arri√®re hydropneumatique.¬†
14 √©tait le nombre de coloris offerts par Citro√ęn dont une partie r√©serv√©e aux administrations.¬†
Le gris reste la couleur la plus fréquente mais on pouvait le choisir blanc, rouge ou bleu. 
300 √©tait le nombre d’ouvriers n√©cessaires pour produire un exemplaire complet, que ce soit en France, en Hollande, en Belgique ou au Portugal.¬†
Une trentaine d’ann√©es plus tard un jeune √† la peau lisse (le C25) lui √† piqu√© la place mais pas sa c√©l√©brit√© l√©gendaire, sa personnalit√©, son caract√®re.¬†
L’histoire finit le 14 d√©cembre 1981, √† Aulnay. Le dernier porte le num√©ro de s√©rie 473289 et il est gris. Pr√®s d’un demi-million de H ont √©t√© construit en 34 ans, un record !¬†¬†
Mais √† dire vrai, l’histoire n’est pas termin√©e le 14 d√©cembre 1981, le Type H est dur √† mourir, physiquement et aussi dans les souvenirs de ceux qui l’ont eu et appr√©ci√©.¬†
Il roule toujours peinard avec ses publicit√©s sur les c√īt√©s, avec son v√™tement de travail gris ou les plus chanceux sont devenus des camping-cars.

Source :

http://deuch.perso.libertysurf.fr/typeh.html

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